La plupart des chirurgiens confient la rédaction de leur site à une agence ou à un rédacteur sans savoir exactement quoi leur fournir. Le rédacteur produit alors un texte générique, correct en apparence, mais qui ne reflète pas la pratique réelle du praticien, qui ne respecte pas le Code de déontologie, et qui ne se référencera pas sur Google.

Le problème n’est pas le rédacteur. C’est l’absence de brief.

Dans cet article
  • Pourquoi le brief est décisif pour un site médical
  • Ce que le rédacteur ne peut pas inventer (et qui doit venir du praticien)
  • Le brief type pour une page d’intervention
  • Le brief pour la page praticien
  • Les informations médicales à ne pas déléguer à une IA

Pourquoi le brief est encore plus important sur un site médical

Sur un site e-commerce ou un site d’entreprise, un rédacteur expérimenté peut produire un texte de qualité avec peu d’informations. Il généralise, structure, propose.

Sur un site de chirurgie esthétique, cette approche crée des problèmes sérieux.

Deux types d'informations sur un site médical ne peuvent pas être inventées ni généralisées : les informations sur le praticien (identité, diplômes, numéro RPPS, établissements) et les informations médicales précises (risques de l'intervention, durées de convalescence, critères de sélection des patients). Tout ce qu'un rédacteur invente dans ces catégories est soit faux, soit trompeur, et engage la responsabilité du praticien.

Ce que le rédacteur ne peut pas inventer

1
L'identité et les qualifications du praticien

Nom complet, titre exact (chirurgien plasticien reconstructeur et esthétique, médecin esthétique...), numéro RPPS, diplômes obtenus avec les établissements et les années, formations complémentaires, sociétés savantes dont le praticien est membre, publications éventuelles. Ces informations doivent venir du praticien lui-même. Elles ne peuvent pas être devinées ou reconstituées.

2
Les établissements et les conditions d'exercice

Où le praticien opère-t-il ? En clinique ? Dans quel établissement ? En cabinet de consultation ? À quelle adresse ? Propose-t-il des consultations en dehors de sa ville principale ? Ces informations sont nécessaires pour le référencement local et pour la fiche praticien.

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Les interventions réellement pratiquées

Un chirurgien plasticien n'opère pas forcément toutes les interventions. Certains ont des domaines de spécialisation. La liste des interventions que le praticien réalise effectivement, et celles qu'il ne pratique pas, doit venir de lui. Un rédacteur qui liste toutes les interventions possibles crée une page imprécise qui attire des patients pour des interventions non pratiquées.

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Les caractéristiques techniques de sa pratique

Quelle technique utilise-t-il pour une rhinoplastie donnée ? Préfère-t-il l'abord ouvert ou fermé ? Utilise-t-il une anesthésie locale ou générale pour telle intervention ? Ces informations permettent de rédiger des pages précises qui correspondent à la réalité du cabinet, et non à une description générique valable pour n'importe quel chirurgien.

Le brief type pour une page d’intervention

Voici les informations à fournir au rédacteur pour chaque page d’intervention. Ce brief peut être transmis par email, par message vocal ou lors d’un entretien d’une heure qui couvre plusieurs interventions.

Brief page rhinoplastie : exemple de structure :

1. Quelles sont les indications typiques pour lesquelles vous operez une rhinoplastie ? (bosse de profil, déviation de cloison, pointe trop ronde, correction fonctionnelle...)

2. Quelles techniques utilisez-vous ? (ouvert/fermé, anesthésie locale/générale, ambulatoire/hospitalisation)

3. Quelles sont les suites opératoires habituelles dans votre pratique ? (durée de l'oedème, durée de la gouttière, retour au travail, reprise du sport...)

4. Quels sont les risques que vous abordez systématiquement avec vos patients en consultation ?

5. Y a-t-il des contre-indications que vous rencontrez fréquemment ?

6. Quels sont vos honoraires ou comment sont-ils communiqués ?

Le brief pour la page praticien

La page praticien est la plus importante du site en termes de conformité et de confiance, et souvent la moins bien rédigée parce que le praticien hésite à parler de lui.

Ce que les praticiens donnent souvent

“Je suis chirurgien esthétique depuis 15 ans, je fais surtout des seins et des nez. Mon cabinet est à Lyon.”

Ce dont le rédacteur a besoin

  • Prénom, nom, titre exact
  • Numéro RPPS
  • Faculté de médecine et année d’obtention du doctorat
  • DESC ou CES obtenu (intitulé exact, établissement, année)
  • Diplômes complémentaires (DIU, formations, master…)
  • Établissements d’exercice (nom, ville, statut : salarié / libéral / associé)
  • Sociétés savantes (SOFCPRE, SIFEM, SFD…)
  • Publications ou communications éventuelles
  • Activité hospitalière si applicable
  • Ce qui motive sa pratique (en quelques phrases directes, sans marketing)

Le numéro RPPS est vérifiable par tout patient sur le répertoire public RPPS. Le mentionner sur le site est à la fois une preuve de transparence et un signal fort pour Google, qui utilise ce type d'identifiant pour valider l'expertise médicale d'un praticien. Ne pas le mentionner est une lacune que les évaluateurs de Google notent sur les sites de chirurgiens esthétiques.

Ce que vous pouvez laisser au rédacteur

Maintenant que les limites sont claires, voici ce que le rédacteur peut produire à partir d’un brief correct.

La structure de la page : l’ordre des sections, la hiérarchie de l’information, la manière de présenter les indications, les risques, les suites opératoires.

Le travail de mise en forme : transformer des informations brutes en texte lisible, clair, accessible pour un patient non médecin.

Les formulations conformes : un rédacteur qui connaît le Code de déontologie peut reformuler les informations médicales en évitant les promesses, les superlatifs et les comparaisons interdites.

La vérification des sources : un rédacteur médical spécialisé consulte les recommandations HAS, les guidelines des sociétés savantes (SOFCPRE, SFD), les textes réglementaires disponibles sur Légifrance, et les cite correctement dans le texte.

Le brief comme protection du praticien

Un brief bien documenté a une fonction de protection que l’on sous-estime.

Si une page d’intervention est inexacte (durée de convalescence erronée, risque non mentionné, technique mal décrite) et qu’un patient se plaint du décalage entre ce qu’il a lu et ce qu’il a vécu, la responsabilité est celle du praticien. Un brief précis, conservé, qui documente que les informations ont été fournies correctement, limite ce risque.

Ne jamais laisser un rédacteur publier des informations médicales sans validation. La phase de relecture par le praticien est obligatoire, pas optionnelle. C'est lors de cette relecture que les erreurs factuelles sont corrigées, les formulations non conformes sont signalées, et que le texte final peut être publié sous la responsabilité du praticien.


À retenir
  • Sans brief, un rédacteur produit du contenu générique : inexact médicalement, non conforme, non référencé
  • Les informations sur le praticien et les données médicales ne peuvent pas être inventées : elles viennent du chirurgien
  • Le brief type pour une page d’intervention couvre les indications, la technique, les suites, les risques et les honoraires
  • La page praticien nécessite les informations complètes : RPPS, diplômes, établissements, sociétés savantes
  • La relecture par le praticien est obligatoire avant publication : sa responsabilité est engagée sur tout le contenu

Notre rédaction médicale pour chirurgien esthétique inclut la collecte structurée des informations via un brief audio ou par email, pour que le praticien n’ait pas à rédiger, seulement à valider. Voir aussi : comment rédiger une page d’intervention conforme.