Une agence web « spécialisée santé » n’est pas, par principe, plus sûre qu’une agence généraliste. Aucun label officiel ne distingue les deux, une agence généraliste peut connaître le cadre déontologique et une agence spécialisée peut se tromper. Ce qui compte, ce sont les règles qui s’appliquent à votre site quel que soit le prestataire, le fait que vous en restez responsable, ce que Google dit vraiment des sites de santé, et les réponses précises que l’agence donne à quelques questions. État du droit et des documentations Google au 3 octobre 2026.
- Ce que le Code de déontologie et le RGPD imposent à votre site, quelle que soit l’agence
- Qui est responsable quand c’est l’agence qui rédige
- Ce que Google dit, et ne dit pas, des sites de santé
- Pourquoi l’étiquette « agence web santé » ne prouve rien
- Les questions à poser avant de signer, y compris à nous
Ce que le Code et le RGPD imposent à votre site, quel que soit le prestataire
Une agence web médecin, spécialisée ou non, travaille dans le même cadre. Les règles ci-dessous s’appliquent au médecin, pas à l’agence, et elles ne changent pas selon qui écrit le code ou les textes. Pour chacune, nous distinguons ce que dit le texte, ce que recommande le Conseil national de l’Ordre (CNOM), et notre propre lecture.
L’information sur les honoraires est obligatoire. L’article R.4127-53 II le dit en toutes lettres : le médecin qui présente son activité sur un site internet « doit y inclure une information sur les honoraires pratiqués » et les modes de paiement, une information « claire, honnête, précise et non comparative ». Aucune forme n’est imposée. Prix, fourchette, ou prix de la consultation avec devis pour l’intervention : les trois conviennent.
Pas de témoignages de tiers, pas de comparaisons. L’article R.4127-19-1 I dit que la communication du médecin « ne fait pas appel à des témoignages de tiers » et « ne repose pas sur des comparaisons avec d’autres médecins ou établissements ». Les recommandations du CNOM vont plus loin et visent expressément les patients : il convient que le médecin ne fasse pas état de notations, évaluations, commentaires, remerciements ou témoignages de patients. Le texte parle de tiers ; les avis et les étoiles relèvent des recommandations. Le détail est dans l’article sur ce qui est interdit en matière de témoignages patients.
Les photos avant/après relèvent d’une recommandation, pas du texte. Le CNOM écrit qu’il convient que le médecin ne fasse pas état de photos « avant/après » qui ne se limitent pas aux résultats habituellement attendus, dans le but de faire croire à une garantie de résultat. Aucun article du Code ne les interdit nommément. « La loi interdit les avant/après » est faux. « Aucun problème » aussi. Voir le cadre des photos avant/après.
Le patient ne doit jamais être identifiable. Le secret professionnel « couvre tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l’exercice de sa profession » (R.4127-4). Les recommandations du CNOM précisent que l’identification des patients ne doit pas être possible sur les photos et vidéos. L’accord du patient ne suffit pas : selon une décision du Conseil d’État du 28 mai 1999 citée par le CNOM, diffuser dans la presse la photographie d’une patiente prise au cabinet, « même avec le consentement de l’intéressée », était de nature à dévoiler son identité, qui fait partie des informations couvertes par le secret médical.
Seuls les titres reconnus. L’article R.4127-30-1 interdit « l’usurpation de titres, l’usage de titres non autorisés par le conseil national ainsi que tous les procédés destinés à tromper le public sur la valeur de ses titres ». La spécialité s’écrit sous l’intitulé exact de l’inscription au tableau, et un diplôme non reconnu ne se mentionne pas.
Pas de référencement prioritaire, payant ou gratuit. Le texte de l’article R.4127-80 II : « Il est interdit au médecin d’obtenir contre paiement ou par tout autre moyen un référencement numérique faisant apparaître de manière prioritaire l’information le concernant dans les résultats d’une recherche effectuée sur l’internet. » Le commentaire du CNOM ajoute que ce référencement prioritaire, « qu’il soit payant ou gratuit, est proscrit ». Le commentaire du CNOM ne nomme pas Google Ads. Notre lecture : une annonce Google Ads est une apparition prioritaire obtenue contre paiement, donc visée ; le référencement naturel, qui n’achète aucune place, ne l’est pas. Détails dans Google Ads, Meta Ads : ce qu’un médecin ne peut pas faire.
Pour un chirurgien : l’autorisation de l’installation. L’article L.6322-1 prévoit le retrait de l’autorisation d’une installation de chirurgie esthétique en cas de communication commerciale en faveur de l’établissement titulaire qui serait déloyale, porterait atteinte à la santé publique ou pourrait inciter les mineurs à recourir à ses prestations, et le décret n°2026-891 le précise depuis le 26 septembre 2026. Ce n’est pas une interdiction générale de la publicité. Savoir si votre site entre dans son champ dépend de qui est titulaire de l’autorisation : voir notre article sur le décret n°2026-891.
Cookies et mentions légales. Hors Code de déontologie, les cookies non exemptés demandent le consentement du visiteur avant d’être déposés (article 82 de la loi Informatique et Libertés), et la LCEN (art. 1-1) impose des mentions légales : éditeur, directeur de la publication, hébergeur avec son téléphone. Le reste est dans l’article sur le RGPD et le site d’un médecin.
Une règle n'a pas la même force selon sa source. Le texte du Code s'impose. Les recommandations du CNOM, selon le CNOM lui-même, ne créent pas d'obligations nouvelles, mais le juge disciplinaire peut en tenir compte. Une bonne agence vous dit à quel niveau se situe chaque conseil qu'elle vous donne.
Qui est responsable du site : vous, pas votre agence
Le Code de déontologie parle de la communication du médecin, pas de celle de son agence. L’article R.4127-19-1 I commence ainsi : « Le médecin est libre de communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet ». Les recommandations du CNOM rappellent ensuite « l’obligation pour le médecin de faire en sorte que les informations mises en ligne soient appropriées et actualisées et ne soient pas susceptibles d’induire le public en erreur ».
Le CNOM n’écrit nulle part, dans les commentaires que nous avons lus, que le médecin reste responsable d’un site rédigé par un prestataire. Aucun des textes que nous avons lus ne prévoit non plus d’exonération. Notre lecture : le site est votre communication, et qu’une agence l’ait écrit n’y change rien. Une agence peut vous aider. Elle ne peut pas prendre votre place devant l’Ordre.
Le Code de la santé publique prévoit des sanctions disciplinaires allant de l’avertissement à la radiation du tableau de l’ordre (art. L.4124-6). Ce que chaque manquement peut coûter, aucun texte ne le fixe. Nous en parlons dans l’article sur les sanctions pour un site de médecin non conforme.
Google tient un raisonnement voisin, sur un autre terrain. Dans sa page sur le recours à un prestataire de référencement, il avertit que si ce prestataire crée un contenu trompeur pour vous, votre site peut être retiré de son index, et conclut : « Ultimately, you are responsible for the actions of any companies you hire » (en fin de compte, vous êtes responsable des actes des entreprises que vous engagez). La phrase vaut pour Google Search, pas pour l’Ordre, mais l’idée est la même.
Côté RGPD, l’agence est votre sous-traitant
Le « responsable du traitement » est celui qui « détermine les finalités et les moyens du traitement » ; le « sous-traitant » traite des données « pour le compte du responsable du traitement » (article 4). La CNIL, dans son guide du sous-traitant de septembre 2017, cite parmi les sous-traitants « les agences de marketing ou de communication qui traitent des données personnelles pour le compte de clients ».
Notre lecture : une agence qui héberge votre site, ou qui reçoit et stocke les messages de votre formulaire de contact, traite ces données pour vous. Vous êtes responsable du traitement. Elle est votre sous-traitant. L’article 28 impose un contrat qui fixe notamment l’objet et la durée du traitement, et oblige le sous-traitant à n’agir que sur vos instructions documentées. Demandez-le avant de signer.
Ce que Google dit vraiment des sites de santé
La santé est un sujet « YMYL ». Les consignes de Google pour ses évaluateurs de qualité (version du 11 septembre 2025) désignent comme « Your Money or Your Life » les sujets qui pourraient avoir un impact important sur la santé, la stabilité financière ou la sécurité des personnes. Pour ces pages, Google écrit : « For pages about clear YMYL topics, we have very high Page Quality rating standards ». Des exigences de qualité très élevées, donc. Mais ces évaluateurs ne classent pas les sites. Google le précise : aucune note ne peut, à elle seule, faire monter ou descendre une page, et les données des évaluateurs ne sont pas utilisées directement dans ses algorithmes de classement. YMYL n’est pas un label que Google colle sur votre site.
E-E-A-T n’est pas un facteur de classement en soi. Expérience, expertise, autorité, fiabilité : la fiabilité est la plus importante des quatre selon Google, qui écrit aussi : « While E-E-A-T itself isn’t a specific ranking factor, using a mix of factors that can identify content with good E-E-A-T is useful. » Ses systèmes donnent encore plus de poids, pour les sujets YMYL comme la santé, aux contenus qui montrent un E-E-A-T solide. Il encourage fortement à signer les contenus là où le lecteur s’attend à savoir qui les a écrits, et range les faux titres parmi les tromperies. Là, Google et l’article R.4127-30-1 se rejoignent.
Pas de résultat enrichi médical. La galerie des données structurées que Google prend en charge ne contient aucun type médical : ni médecin, ni acte, ni clinique. Parmi les affichages qu’elle décrit, celui de l’établissement local concerne directement un cabinet : horaires, itinéraire et actions de prise de rendez-vous dans le panneau de connaissances. Et même un balisage correct ne garantit rien, Google l’écrit : « Google does not guarantee that your structured data will show up in search results ». Les données structurées aident Google à comprendre une page et peuvent la rendre éligible à un affichage enrichi. Rien de plus n’est promis.
Aucun balisage pour l’extrait optimisé. À la question « comment marquer ma page comme extrait optimisé ? », Google répond : « You can’t. » Ce sont ses systèmes qui décident. Quant au résultat enrichi FAQ, il n’apparaît plus dans Google Search depuis le 7 mai 2026.
Personne ne peut garantir une position. « No one can guarantee a #1 ranking on Google. » Google met en garde contre les prestataires qui revendiquent une relation spéciale avec lui (« special relationship ») ou un envoi prioritaire (« priority submit »).
La publicité ne fait pas monter le site. « Advertising with Google won’t have any effect on your site’s presence in our search results. » Pour un médecin, l’annonce elle-même pose en plus le problème de l’article R.4127-80 II.
Une agence qui vous parle de « critères E-E-A-T » comme d'une note, de « résultats enrichis médicaux », d'un balisage FAQ pour sortir en extrait ou d'une première page garantie s'écarte de ce que Google publie. Ce n'est pas forcément de la mauvaise foi. C'est un signal pour poser plus de questions.
Agence web santé : l’étiquette ne prouve rien
Nous avons cherché un label, une certification ou un agrément d’agence web santé sur les sites de l’Ordre des médecins, de la Haute Autorité de santé, de l’Agence du numérique en santé et du ministère, le 3 octobre 2026. Nous n’en avons trouvé aucun.
Deux sigles reviennent souvent, à tort :
- HAS/HON. La HAS a confié de 2007 à 2013 la certification des sites santé à la fondation Health On the Net. Dans un communiqué de mai 2013, elle annonce que ce partenariat ne sera pas reconduit et que la certification à double logo HAS/HON « ne pourra plus être obtenue à compter du 7 juillet 2013 ». Le site de la fondation n’est plus en ligne. Cette certification portait d’ailleurs sur des sites, pas sur des agences.
- HDS. La certification d’hébergeur de données de santé (article L.1111-8 du Code de la santé publique) concerne celui qui héberge des données de santé pour le compte d’un praticien ou d’un patient. C’est une question d’hébergement, pas un gage de compétence pour concevoir ou rédiger un site.
Une agence peut afficher un badge maison. C’est son droit, à condition qu’elle le présente pour ce qu’il est : une vérification qu’elle fait elle-même. Le code de la consommation range parmi les pratiques réputées trompeuses le fait d’afficher un label sans autorisation, ou de prétendre à une approbation qu’on n’a pas (article L.121-4). Le nôtre n’échappe pas à cette règle : c’est une vérification interne, pas un label, et il n’est ni délivré ni approuvé par l’Ordre.
Une agence généraliste qui relit le Code avant chaque mise en ligne vaut mieux qu’une agence « santé » qui recopie les mêmes formules d’un site à l’autre. L’inverse est vrai aussi. La spécialisation dit où une agence veut travailler, pas comment elle travaille.
Les questions à poser avant de signer
Les premières viennent de Google, dans sa page « Do you need an SEO? ». Les suivantes tiennent au métier de médecin.
Pouvez-vous me montrer des exemples de vos travaux ? Suivez-vous les Google Search Essentials ? Quels résultats attendez-vous, et dans quel délai ? Comment mesurez-vous le succès ? Quelle expérience avez-vous de mon secteur et de ma ville ? Me communiquerez-vous toutes les modifications faites sur mon site, avec leurs raisons ? Google ajoute : citez-vous la documentation officielle de Google à l'appui de vos recommandations ? Et si vous proposez de l'optimisation pour l'IA (« GEO », « AEO »), est-elle alignée sur ce que Google publie à ce sujet ?
La réponse attendue nomme des articles : R.4127-19-1 pour la communication, R.4127-53 pour les honoraires, R.4127-80 pour le référencement, R.4127-30-1 pour les titres, R.4127-4 pour le secret. Demandez aussi si l'agence distingue ce que dit le texte de ce que recommande le CNOM. Une réponse vague comme « on fait attention » ne vous apprend rien.
Google Ads, Meta Ads, annonce sponsorisée dans un annuaire, mentions payées. Selon notre lecture de l'article R.4127-80 II, ce sont des procédés de référencement prioritaire, interdits au médecin. Le fait qu'une plateforme accepte l'annonce ne vaut pas conformité déontologique.
Si la réponse est oui, Google vous donne le conseil lui-même : allez voir ailleurs. Un audit sérieux donne des estimations réalistes et le travail à prévoir, pas une place.
Qui héberge le site ? Par quel service passent les messages ? Sont-ils stockés, et où ? Si l'agence intervient dans ce circuit, elle est votre sous-traitant au sens du RGPD et un contrat conforme à l'article 28 est nécessaire. Demandez aussi si le formulaire réclame des informations médicales : moins il en collecte, mieux c'est.
C'est une obligation du texte (R.4127-53 II), pas une option de design. L'agence doit savoir sous quelle forme elle l'affichera : prix, fourchette, ou prix de la consultation avec devis pour l'intervention.
Google Search Console est l'outil de Google qui montre comment votre site apparaît dans ses résultats. Si l'agence commence par un audit, Google conseille de ne lui donner qu'un accès en lecture, sans droit d'écriture à ce stade.
Ces questions valent pour toute agence. Elles valent pour nous aussi.
Nos réponses à ces mêmes questions
Chaque page des sites que nous concevons est relue au regard du Code de déontologie avant sa mise en ligne. Aucune marque de produit n’y est citée, et chaque page d’acte présente les risques de l’acte, pas seulement ses bénéfices. Pour les honoraires, notre pratique habituelle est d’afficher le prix de la consultation et d’indiquer que l’intervention fait l’objet d’un devis personnalisé.
Nous ne proposons pas de campagnes payantes (Google Ads, Meta Ads) à nos clients médecins : selon notre lecture de l’article R.4127-80 II, elles leur sont interdites. Nous ne garantissons aucune position, parce que personne ne le peut.
Le site est un site statique : pas d’extension à mettre à jour. Les données structurées Schema.org sont intégrées, sans autre promesse que celle que fait Google : l’aider à comprendre la page. Un bandeau de cookies est en place, et aucune donnée n’est envoyée à Google sans le consentement du visiteur. Notre règle pour le formulaire de contact : ne demander aucune information médicale. Nos devis comprennent une clause de sous-traitance au sens de l’article 28 du RGPD : vous êtes responsable du traitement, nous sommes votre sous-traitant pour l’hébergement, les messages du formulaire et la mesure d’audience. La Google Search Console est configurée à la livraison, et un bilan SEO est fait un an après la mise en ligne.
Enfin, les sites que nous concevons peuvent bénéficier d’une vérification déontologique mensuelle, dans le cadre d’un abonnement. La date de la dernière vérification est affichée sur le site ; sans abonnement actif, elle reste figée à la dernière vérification faite. C’est une vérification que nous faisons nous-mêmes. Ce n’est pas un label, pas une certification, et l’Ordre ne l’a ni délivrée ni approuvée.
Le détail de l’offre est sur notre page création de site pour médecin esthétique et sur celle consacrée à la création de site pour chirurgien esthétique.
Ce qu’il faut retenir pour choisir
« Généraliste » ou « spécialisée » : le mot sur le site de l’agence ne vous protège de rien. Ce qui vous protège, c’est de savoir ce que le Code exige de votre site, de garder en tête que vous en restez responsable, et de demander à chaque prestataire des réponses précises, avec des articles et des faits. Des articles, des sources Google et un contrat : voilà de quoi comparer. Une promesse de position ou un badge « officiel » est aussi une réponse, d’un autre genre.
Si vous voulez voir comment nous répondons dans le détail, tout est sur la page création de site pour médecin esthétique. Posez-nous les mêmes questions qu’aux autres.
- Aucun label officiel d’agence web santé n’existe à notre connaissance ; la certification HAS/HON n’est plus délivrée depuis juillet 2013, et HDS concerne l’hébergement de données de santé
- Les règles du site sont celles du médecin : honoraires obligatoires (R.4127-53 II), pas de témoignages de tiers ni de comparaisons (R.4127-19-1 I), titres reconnus (R.4127-30-1), secret (R.4127-4), pas de référencement prioritaire (R.4127-80 II)
- Le médecin reste responsable de son site selon notre lecture ; l’agence qui héberge ou reçoit les messages est son sous-traitant RGPD, avec un contrat (article 28)
- Google : la santé est un sujet YMYL, E-E-A-T n’est pas un facteur de classement en soi, aucun résultat enrichi médical, aucune position garantie, la publicité ne fait pas monter le site
- Posez les mêmes questions à chaque agence, y compris à nous : articles relus, publicité, garantie, formulaire, honoraires, accès Search Console