ChatGPT rédige en quelques secondes une page rhinoplastie de 1 500 mots. Le texte est fluide, bien structuré, sans faute. À première lecture, il semble professionnel. À deuxième lecture, avec le Code de déontologie médicale en main, il contient en général entre 8 et 15 violations.
Ce n’est pas un problème de qualité rédactionnelle. C’est un problème de cadre légal.
- Pourquoi les IA ne connaissent pas le Code de déontologie médicale
- Les violations typiques générées par les IA sur les pages d’intervention
- Le risque disciplinaire réel pour le praticien
- Le risque SEO : pourquoi Google détecte et pénalise ce contenu
- Ce qu’un texte médical conforme requiert qu’une IA ne peut pas fournir
Ce que les IA ne savent pas sur le droit médical français
Les modèles d’IA générative sont entraînés sur des corpus massifs de textes web. Ces corpus contiennent des dizaines de milliers de pages de sites de chirurgiens, de cliniques, d’agences de tourisme médical. Ces pages contiennent, dans leur grande majorité, des formulations non conformes au Code de déontologie médicale français.
L’IA apprend ce qui est statistiquement commun, pas ce qui est légalement correct. Elle reproduit les patterns dominants de son corpus d’entraînement.
Quand vous demandez à une IA de rédiger une page de rhinoplastie, elle génère le texte le plus probable selon son entraînement. Ce texte ressemble à ce qui se trouve en quantité sur le web, c'est-à-dire des pages commerciales de cliniques, souvent turques, thaïlandaises ou espagnoles, qui n'ont aucune contrainte déontologique équivalente au Code de déontologie médical français.
Le résultat : un texte fluide, crédible en apparence, truffé de formulations qui seraient tolérables pour une clinique étrangère mais interdites pour un médecin français soumis au Code de déontologie.
Les violations typiques générées par l’IA
Sur une page d’intervention type générée par une IA, voici les violations que l’on rencontre systématiquement.
L'IA écrit naturellement "vous obtiendrez un résultat naturel et harmonieux", "une silhouette que vous serez fière d'afficher", "retrouvez votre confiance en vous". Ces formulations sont interdites par l'article R.4127-19 qui prohibe tout contenu publicitaire visant à inciter le patient à recourir à l'acte.
L'IA produit des sections "risques" courtes, rassurantes, qui mentionnent "quelques rares complications" sans les détailler. L'article R.4127-13 impose une information complète, loyale et appropriée sur les risques fréquents ou graves normalement prévisibles. Une section risques générée par IA ne satisfait ni cette obligation légale ni les critères de fiabilité de Google.
"Technique de pointe", "expertise inégalée", "chirurgien reconnu", "approche révolutionnaire" : l'IA utilise ces formulations parce qu'elles sont communes dans les textes commerciaux de son corpus. Toutes sont interdites par l'article R.4127-19.
Les textes générés par IA parlent du "chirurgien" ou du "praticien" de façon générique. Ils n'identifient pas le médecin avec son numéro RPPS, ses diplômes vérifiables, ses établissements d'exercice. Cette identification est obligatoire et constitue l'un des critères E-E-A-T les plus importants pour Google.
Les IA hallucinent des données médicales. Elles peuvent citer des durées de convalescence inexactes, des taux de complications inventés, des recommandations qui ne correspondent pas aux guidelines actuelles. Un praticien qui publie ces informations sur son site engage sa responsabilité médicale, et son référencement Google souffre de ce contenu peu fiable.
Le risque disciplinaire concret
Un praticien qui publie un texte IA non relu s’expose aux mêmes sanctions qu’un praticien qui aurait rédigé lui-même un texte non conforme. La responsabilité du contenu de son site lui appartient entièrement.
L'article R.4127-89 du Code de déontologie dispose que tout médecin est personnellement responsable de ses actes professionnels. Cette responsabilité s'étend aux informations publiées sur son site internet, qu'elles aient été rédigées par lui, par une agence ou générées par une IA.
Code de déontologie médicaleLe Conseil de l’Ordre des Médecins peut engager une procédure disciplinaire sur la base du contenu d’un site. Les sanctions vont de l’avertissement à la suspension temporaire d’exercice. Dans les cas les plus graves (contenu publicitaire flagrant, promesses de résultats, démarches commerciales agressives), la radiation temporaire est possible.
Le risque SEO : Google détecte le contenu IA médical
Google a renforcé ses algorithmes pour détecter le contenu généré par IA sur les sites médicaux. Deux mécanismes distincts entrent en jeu.
Le filtre “helpful content” pénalise les pages produites principalement pour le moteur de recherche et non pour l’utilisateur. Les textes IA standardisés, qui couvrent les mots-clés attendus sans apporter de valeur informative réelle, entrent dans cette catégorie.
L’évaluation YMYL soumet les sites de santé à une révision humaine par les Search Quality Raters de Google. Ces évaluateurs identifient les textes génériques, les informations imprécises, l’absence d’expertise médicale identifiable. Un texte IA non revu obtient généralement un score faible sur ces critères.
Ce n'est pas l'utilisation de l'IA elle-même qui pénalise un site. C'est la publication d'un contenu non personnalisé, non adapté au praticien spécifique, et non relu par un expert médical. Un texte produit avec l'aide d'une IA mais revu, enrichi et signé par un rédacteur médical spécialisé reste acceptable, si le résultat satisfait les critères E-E-A-T.
Ce qu’un texte médical conforme requiert
Un texte conforme au Code de déontologie et optimisé pour Google nécessite des compétences que les IA actuelles ne peuvent pas fournir seules.
Ce qu'une IA fournit
- Structure générique commune à des milliers de sites
- Vocabulaire médical superficiel
- Formulations promotionnelles statistiquement communes
- Informations médicales approximatives ou hallucinées
- Texte non personnalisé au praticien
- Aucune prise en compte du cadre légal français
Ce qu'un texte conforme requiert
- Identification précise du praticien (RPPS, diplômes, établissement)
- Informations médicales exactes et vérifiées
- Formulations conformes au Code de déontologie
- Section risques complète et spécifique à l’intervention
- Sources citées (recommandations HAS, sociétés savantes)
- Personnalisation à la pratique du chirurgien concerné
- Date de mise à jour visible
L’IA comme outil, pas comme rédacteur
L’IA peut jouer un rôle utile dans la production de contenu médical, mais pas comme rédacteur autonome. Ses usages légitimes sont plus limités.
Elle peut produire une première structure d’article, que le rédacteur médical transforme ensuite complètement. Elle peut générer une liste de questions patients à traiter. Elle peut accélérer certaines recherches documentaires. Ce qu’elle ne peut pas faire : produire directement un texte publié sur un site médical sans relecture approfondie par quelqu’un qui connaît le Code de déontologie.
Un cabinet qui publie 15 pages d'intervention générées par ChatGPT en une journée publie 15 pages qui violent le Code de déontologie et qui ne seront pas référencées par Google. Un cabinet qui investit dans 15 pages rédigées par un rédacteur médical spécialisé publie 15 pages conformes, positionnables, et qui restent valables plusieurs années sans révision majeure.
- Les IA sont entraînées sur des corpus qui contiennent majoritairement des textes médicaux non conformes au droit français
- Les violations typiques : promesses implicites, minimisation des risques, superlatifs, absence d’identification du praticien
- La responsabilité du contenu appartient entièrement au praticien, quelle que soit son origine (IA ou rédacteur)
- Google détecte le contenu IA générique sur les sites YMYL et le pénalise via les filtres helpful content et l’évaluation E-E-A-T
- L’IA peut être un outil d’assistance, pas un rédacteur autonome pour du contenu médical publié
La rédaction de contenu médical conforme est l’une des prestations les plus sous-estimées en conception de site. Notre rédaction médicale pour site de chirurgien esthétique produit des textes qui respectent le Code de déontologie et satisfont les critères de Google. Voir aussi : les formulations interdites sur un site de chirurgien et leurs alternatives.