Oui, c’est possible. Quand ChatGPT, Perplexity ou Google cherchent sur le web pour répondre, ils affichent des liens vers leurs sources, et le site d’un chirurgien ou d’un médecin esthétique peut en faire partie. Ce qu’aucun des trois ne publie, c’est la façon dont il choisit ces sources. Ce qui est documenté tient en peu de lignes : quelques réglages techniques, et le rappel de Google que, chez lui, le reste relève du référencement classique. État des documentations au 3 octobre 2026.

Dans cet article
  • Comment ChatGPT, Perplexity et Google trouvent et affichent leurs sources
  • Ce que les patients leur demandent, en exemples
  • Ce que vous pouvez faire, et ce qui ne sert à rien selon Google
  • Vérifier vous-même ce que répondent les IA
  • Ce que le Code de déontologie exclut pour y apparaître

Comment ChatGPT, Perplexity et Google choisissent leurs sources

Trois outils, trois documentations. Elles disent comment un site entre dans le champ de leur recherche. Aucune ne dit pourquoi une page est citée plutôt qu’une autre.

ChatGPT : sa propre recherche et des fournisseurs tiers

Selon l’aide d’OpenAI, ChatGPT peut chercher sur le web, et il le fait de lui-même quand la question gagne à avoir des informations à jour. La recherche est ouverte à l’offre gratuite, et même sans compte. Les réponses qui s’en servent peuvent comporter des citations cliquables et un bouton « Sources ».

D’où viennent les pages ? OpenAI indique que sa recherche s’appuie parfois sur des fournisseurs de recherche tiers, à qui elle envoie une version réécrite de la question. Il a aussi son propre robot, OAI-SearchBot. La part de chacun n’est pas publiée. OpenAI ne nomme ni Bing ni Google comme source de ses résultats : rien dans sa documentation ne permet d’affirmer que ChatGPT reprend leurs classements.

La page d’OpenAI sur ses robots distingue trois rôles :

  • OAI-SearchBot fait apparaître les sites dans les résultats de recherche de ChatGPT. Un site qui le bloque n’apparaît plus dans ces réponses, sauf éventuellement comme simple lien de navigation.
  • GPTBot collecte du contenu qui peut servir à entraîner les modèles. Le bloquer n’a rien à voir avec la recherche : les deux réglages sont indépendants.
  • ChatGPT-User visite une page à la demande d’un utilisateur. OpenAI précise que robots.txt peut alors ne pas s’appliquer.

Aux éditeurs, OpenAI dit que tout site public peut apparaître dans la recherche ChatGPT. Pour y apparaître, la seule condition publiée est de ne pas bloquer OAI-SearchBot. Pas un mot sur les données structurées, le numéro RPPS ou une quelconque « autorité ».

Deux limites, écrites par OpenAI lui-même. Les résultats et les citations peuvent être incomplets, périmés ou faux. Et sans recherche web, le modèle répond à partir de ses données d’entraînement, avec un risque de références inventées.

Pour les questions locales, ChatGPT peut utiliser une localisation approximative tirée de l’adresse IP, afficher une carte sur mobile, et partager la localisation avec des fournisseurs tiers de fiches d’établissements. OpenAI ne dit pas lesquels.

Perplexity : des citations numérotées, un robot à laisser passer

Perplexity cherche sur internet et chaque réponse comporte des citations numérotées vers les sources d’origine. Son robot PerplexityBot sert à faire apparaître et lier des sites dans ses résultats, et Perplexity recommande de l’autoriser dans robots.txt. Il ne sert pas, selon sa documentation, à entraîner des modèles. Perplexity-User, qui visite une page à la demande d’un utilisateur, ignore en général robots.txt.

Certains domaines portent un label « Government », « Academic » ou « Trusted ». La plupart n’en ont aucun, et Perplexity précise que l’absence de label ne signifie pas qu’un site est de mauvaise qualité. Rien n’indique que ce label pèse sur le choix des sources. Perplexity ne publie pas ses critères.

Google : AI Overviews, AI Mode et Gemini

Google est le plus explicite. Sa page AI features and your website dit qu’il n’existe aucune exigence supplémentaire pour apparaître dans les AI Overviews ou AI Mode. Une page doit être indexée et pouvoir s’afficher avec un extrait, c’est tout. Ces fonctions s’appuient sur les systèmes de classement de base de Google pour récupérer des pages de son index. Google le résume dans son guide d’optimisation : pour lui, optimiser pour la recherche IA générative reste du SEO.

Deux précisions. Les AI Overviews ne s’affichent que quand Google les juge utiles, et souvent ils ne se déclenchent pas. Et le contrôle passe par robots.txt pour Googlebot, puis par les balises nosnippet, max-snippet ou noindex si vous voulez limiter ce qui est repris.

Google-Extended, souvent cité, n’est pas un robot. C’est un jeton de contrôle qui concerne l’entraînement des modèles Gemini et l’ancrage des réponses dans l’application Gemini et Vertex AI. Google écrit qu’il n’a aucun effet sur l’inclusion dans Google Search ni sur le classement.

Reste la question locale. Google indique qu’une fiche Google Business Profile à jour peut aider un établissement à être visible dans ses réponses IA comme dans ses autres résultats. L’application Gemini, elle, puise dans les informations publiques de Google Maps pour les recherches de lieux. Nos conseils sur la fiche sont dans l’article sur les avis Google et la fiche d’un médecin.

Ce qu'aucun éditeur ne documente : les critères qui font citer une page plutôt qu'une autre, et le nombre de sources qu'affiche un AI Overview. Toute offre qui prétend connaître « les critères de sélection des IA » s'appuie sur autre chose que leurs documentations.

Ce que les patients demandent aux IA

Nous n’avons trouvé aucune donnée publiée par OpenAI, Perplexity ou Google sur les questions de santé que leurs utilisateurs posent. Les exemples ci-dessous sont des illustrations, pas un classement.

  • Comprendre l’acte : « Comment se passe une blépharoplastie ? », « Combien de temps dure la convalescence après une rhinoplastie ? »
  • Les risques : « Quels sont les risques d’une liposuccion ? »
  • Le coût : « Combien coûte une augmentation mammaire ? »
  • Le choix du praticien : « Quelle différence entre un chirurgien plasticien et un médecin esthétique ? », « Comment vérifier les diplômes d’un chirurgien ? », « Quel chirurgien pour une rhinoplastie à Lyon ? »

Les trois premières familles sont des questions d’information. Une page qui y répond précisément peut servir de source, comme elle peut se classer sur Google. La dernière est différente : la réponse dépend de la localisation et, chez Google, des informations d’établissement.

Pour vérifier les diplômes, d’ailleurs, il existe deux annuaires publics. Le Tableau de l’Ordre liste les médecins en activité inscrits. L’Annuaire Santé de l’Agence du numérique en santé, présenté comme un service à usage professionnel, publie en libre accès le numéro RPPS, le nom d’exercice, la spécialité, les diplômes et le lieu d’exercice.

Référencement ChatGPT : ce qu’un praticien peut faire

Le « référencement ChatGPT » n’a pas de recette publiée. Ce qui suit s’appuie sur ce que les éditeurs écrivent, et sur notre lecture quand nous le disons.

1
Laisser passer les robots de recherche

OAI-SearchBot pour ChatGPT, PerplexityBot pour Perplexity, Googlebot pour Google. Bloquer GPTBot ou Google-Extended est un autre choix, qui porte sur l'entraînement des modèles et ne vous retire pas de leur recherche. OpenAI et Perplexity signalent qu'un changement de robots.txt peut mettre jusqu'à 24 heures à être pris en compte.

2
Des pages indexables qui répondent aux questions

Une page par intervention, qui dit comment elle se déroule, quelles en sont les suites, les risques et les honoraires. Pour Google, la condition est qu'elle soit indexée et puisse s'afficher avec un extrait. Selon notre lecture, une page qui répond à la question du patient a plus de chances de servir de source qu'une page généraliste. L'information sur les honoraires, elle, est de toute façon imposée par l'article R.4127-53 dès que vous présentez votre activité sur un site.

3
Les mêmes informations partout

Nom, spécialité, adresse, téléphone : identiques sur le site, la fiche Google Business Profile, le Tableau de l'Ordre et l'Annuaire Santé. Aucune documentation ne dit que les IA lisent ces annuaires. Mais Google cite la fiche Business Profile à jour parmi ses bonnes pratiques, et un patient, lui, peut consulter le Tableau de l'Ordre. Pour la spécialité, reprenez l'intitulé exact de votre inscription : l'article R.4127-30-1 interdit « tous les procédés destinés à tromper le public sur la valeur de ses titres ».

4
Des données structurées exactes, sans en attendre de miracle

Google écrit qu'elles ne sont pas requises pour sa recherche IA générative et qu'aucun balisage schema.org spécial n'est à ajouter. Elles l'aident à comprendre le contenu d'une page et restent utiles pour les résultats enrichis, à condition de correspondre au texte visible.

Ces réglages sont intégrés à chaque site que nous créons, sans prestation séparée : robots.txt qui laisse passer les robots des moteurs IA, une page par intervention, données structurées, contenu factuel conforme, HTML sémantique. C’est le détail de notre optimisation pour les moteurs IA, intégrée à la création du site. Aucune de ces mesures ne garantit une citation.

Ce qui ne sert à rien, selon Google

Le guide d’optimisation de Google contient une section qui démonte plusieurs idées reçues. Vous pouvez ignorer les fichiers llms.txt, le découpage des pages en petits fragments, la réécriture de contenus « juste pour les IA » et la chasse aux mentions inauthentiques. Google met aussi en garde contre le fait de trop miser sur les données structurées.

Deux autres points datés. Le résultat enrichi FAQ a disparu de Google Search le 7 mai 2026 : une FAQ balisée ne vous vaudra plus d’affichage spécial. Et Google déconseille de changer la date d’une page pour la faire paraître récente quand son contenu n’a pas vraiment changé.

Vérifier vous-même ce que répondent les IA

Le plus simple reste de poser la question.

1
Formulez comme un patient

« Comment se passe une rhinoplastie ? », « Quel chirurgien pour une rhinoplastie à [votre ville] ? ». Testez ChatGPT avec la recherche web, Perplexity et une recherche Google classique.

2
Regardez les sources, pas seulement le texte

Le bouton « Sources » de ChatGPT, les citations numérotées de Perplexity, les liens d'un AI Overview. C'est là que votre site apparaît, ou pas.

3
Recommencez autrement

ChatGPT ne cherche sur le web que quand il le juge utile, tient compte d'une localisation approximative, et Google n'affiche un AI Overview que s'il l'estime utile. Variez les formulations et les jours avant de conclure.

Autre indice : OpenAI ajoute automatiquement le paramètre utm_source=chatgpt.com aux liens qui sortent de ChatGPT. Si votre outil de statistiques conserve ces paramètres, les visites venues de ChatGPT y sont visibles.

Un test est une photographie, pas une mesure. Une absence un jour donné ne prouve rien sur le lendemain, et une citation obtenue une fois n'est acquise pour personne.

Ce qu’il ne faut pas faire pour y apparaître

Aucun document du Conseil national de l’Ordre que nous avons lu ne traite des IA comme canal de visibilité. Ce sont donc les règles de toute communication du médecin qui s’appliquent. Distinguons à chaque fois le texte, la recommandation du CNOM, la règle de la plateforme et notre lecture.

Payer une annonce dans ChatGPT. La plateforme d’abord : fin août 2026, OpenAI a étendu la publicité dans ChatGPT à 31 pays européens, dont la France, pour les seuls utilisateurs des offres gratuite et Go. Les annonces sont signalées comme sponsorisées et séparées de la réponse, et OpenAI affirme qu’elles n’influencent pas cette réponse. Mais sa politique publicitaire interdit en général les annonces pour des services de santé hors des États-Unis, et exclut les actes médicaux invasifs ou à haut risque.

Le texte, ensuite. L’article R.4127-80 II : « Il est interdit au médecin d’obtenir contre paiement ou par tout autre moyen un référencement numérique faisant apparaître de manière prioritaire l’information le concernant dans les résultats d’une recherche effectuée sur l’internet. » Le commentaire du CNOM ajoute que « le référencement numérique prioritaire, qu’il soit payant ou gratuit, est proscrit », et ses recommandations sur l’article R.4127-19-1 précisent que l’interdiction « porte naturellement sur tous les modes d’utilisation de l’Internet par le médecin ».

Notre lecture : une annonce payée dans ChatGPT est une apparition prioritaire obtenue contre paiement, comme une annonce Google Ads. Elle entre dans le champ de R.4127-80 II, et l’accord d’une plateforme ne vaut pas conformité déontologique. Même raisonnement pour toute offre payante qui promet de vous faire « citer » ou « recommander » par une IA. Le détail est dans l’article sur Google Ads, Meta Ads et ce qu’un médecin ne peut pas faire.

Une page « meilleur chirurgien de [ville] » pour être repris. Le texte de l’article R.4127-19-1 I veut une communication qui « ne repose pas sur des comparaisons avec d’autres médecins ou établissements » et qui « n’induit pas le public en erreur ». Le texte ne vise pas les superlatifs nommément. Selon notre lecture, « meilleur » compare implicitement, et viser une IA ne change rien : la page reste une communication du médecin au public. Voir les formulations à éviter sur un site de chirurgie esthétique.

Acheter des articles ou des mentions. Notre lecture : payer pour des articles ou des mentions sur des sites tiers, afin de gagner en visibilité dans les moteurs ou dans les IA, est un procédé artificiel qui vise une apparition prioritaire « par tout autre moyen » (R.4127-80 II). Un article payé présenté comme éditorial peut aussi induire le public en erreur (R.4127-19-1 I). Et l’article R.4127-20 rappelle que « le médecin doit veiller à l’usage qui est fait de son nom, de sa qualité ou de ses déclarations ». Côté plateforme, Google range la recherche de mentions inauthentiques parmi les tactiques inutiles. Une interview obtenue sans contrepartie n’est pas visée par ce raisonnement, sous réserve de son contenu. Voir aussi les liens vers un site de praticien.

Ce qu’on peut raisonnablement attendre

Personne ne peut vous promettre une citation dans ChatGPT, Perplexity ou Google : leurs éditeurs eux-mêmes ne disent pas comment ils choisissent. Ce qui dépend de vous est concret. Des robots qui passent, des pages indexables qui répondent aux questions des patients, des informations exactes partout, et un contenu conforme au Code. C’est aussi ce qui sert votre référencement sur Google.

Pour savoir où en est votre site, je vérifie s’il est accessible aux robots des moteurs IA et si ses données structurées sont en place, puis je vous en parle lors d’un échange de 30 minutes, sans engagement. Il fait partie de notre page sur l’optimisation IA des sites de chirurgiens et médecins esthétiques.


À retenir
  • ChatGPT, Perplexity et Google citent leurs sources quand ils cherchent sur le web, mais aucun ne publie ses critères de choix
  • Pour apparaître : ne pas bloquer OAI-SearchBot, PerplexityBot et Googlebot ; GPTBot et Google-Extended concernent l’entraînement, pas la recherche
  • Google écrit qu’aucune exigence ni balisage spécial n’est nécessaire pour ses réponses IA : c’est du SEO, avec des pages indexées et une fiche Business Profile à jour
  • llms.txt, découpage en fragments, mentions inauthentiques : inutiles selon Google ; le résultat enrichi FAQ a disparu le 7 mai 2026
  • Une annonce dans ChatGPT, une page « meilleur chirurgien » ou des mentions payées tombent, selon notre lecture, sous R.4127-80 II ou R.4127-19-1 I